21 mai 09
L'existence de Dieu "from a logical point of view"
Comment l'être humain, qui est imparfait, peut-il prouver l'existence d'un Dieu susceptible d'être infiniment parfait? Le raisonnement serait le suivant. Si l'être humain est imparfait (voire mauvais par nature, depuis la faute de ce satané Adam), c'est la preuve même de l'existence de Dieu. En effet si l'homme est mauvais, voire méchant (déchu), la vérité qu'il détient est nécessairement mauvaise, et il ne peut prouver ni l'existence d'un Dieu ni son inexistence (et ce indépendamment des preuves qu'il pourrait apporter au fait qu'Il existe, incluant celle-ci). Au contraire, si l'être humain était bon par nature, il n'aurait pas besoin de prouver l'existence de Dieu puisqu'il détiendrait la vérité concernant son existence ou non et pourrait à la manière de Hegel s'élever vers son Etre. Dieu existe indépendamment de la détermination qu'en donne d'une manière ou d'une autre l'être humain, puisque l'être humain est mauvais au point de ne pouvoir déterminer si Dieu existe ou non. Si l'homme était bon, il n'aurait pas besoin de prouver l'existence ou l'inexistence de Dieu. La preuve de l'existence de Dieu est dans le concept nécéssairement insuffisant qu'en donne le "génie" humain. Pour résumer l'argument, on pourrait dire que si Dieu existe c'est parce que les êtres humains sont mauvais, voire méchants (déchus) par nature au point de ne pas savoir s'Il existe. Si l'être humain était parfaitement bon, Dieu n'aurait pas de raison d'être. N'importe quel "croyant" devrait comprendre cette justification, il me semble. Ce raisonnement simple aboutit, à mon sens, à une définition honnête de la divinité. Et l'Eternel doit éclater de rire en lisant ce message.
16 mai 09
Contre les professeurs
Les ânes, qui sont ceux qui ont l'intelligence, et la prétention, de penser par eux-mêmes, à la différence des moutons toujours rassemblés dans le troupeau du conformisme, tels les adeptes inconscients du conventionnalisme dont le logicien américain, W. O. Quine fut le défenseur, ne pourront qu'apprécier les thèses de Sextus Empiricus, ce sceptique romain qui écrivit en grec une sorte de libelle contre les mathématiciens. Un argumentaire qui a été republié il y a quelques années en France par les Editions du Seuil, et dans lequel je devrais de me plonger prochainement. Ma curiosité est insatiable. On ne trouve sur le web que le texte en latin, pour l'instant. Ce qui est très étonnant dans le "contre les mathématiciens" (considérés comme les modèles des professeurs) de Sextus Empiricus, c'est qu'il critique déjà les professeurs... Quels en sont les arguments ? Je l'ignore. Il va falloir les lire. Dans le contexte éducatif actuel, les critiques contre les professeurs semblent tellement obsolètes. Certains d'entre eux risquent l'assassinat dans certains établissements qui ne sont même pas classés en zone d'éducation prioritaire. O tempora, o mores ! Autrefois certains instituteurs abusaient de leur autorité en toute impunité (je parle d'expérience); maintenant ce les enfants qui sont parfois des tyrans, au nom des je ne sais sacro-saints principes des droits de l'enfants. En toute chose, les excès sont condamnables. Lorsque la transmission du savoir et de la culture ne sont plus l'enjeu essentiel du système, l'éducation devient alors un lieu de conflits.
15 mai 09
Penser par soi-même
A relire tous les messages de ce blog qui bientôt arrive à sa deuxième année d'existence, je me demande si je ne suis pas un âne, je veux dire par là un homme incapable de penser par lui-même. Penser par soi-même est certes une illusion dès lors que cette activité n'a pas franchi le "pont aux ânes" de tous les lieux communs les plus
ordinaires de la pensée. La seule question est de savoir quels sont-ils et où nous conduisent leurs franchissements ? La démission du philosophe est une sorte de sagesse consistant à admettre la vanité de sa connaissance, et le retour à la pensée des anciens est le commencement de la prise de conscience de l'absence de tout renouvellement, ou de l'inutilité des renouvellements. L'âne, lui, est un animal obstiné, toujours la caricature de l'indocilité, mais dans cette indocilité, qui est le propre de ceux qui prétendent penser par eux-mêmes, se manifeste une forme d'intelligence, qui est la conscience de l'inutilité de certains efforts et de certaines questions insolubles (les apories). Pourquoi dès lors persister à se les poser, et à considérer la diversité des solutions ? Admettons que certains besoins ne trouvent aucune satisfaction dans les conditionnements de la société marchande et du spectacle, que l'on voudrait nous imposer comme unique modèle de réussite, et dans laquelle la liberté de pensée est sévèrement compromise. La connaissance de la culture philosophique nous conduit à penser par nous-mêmes, en toute humilité, avec admiration pour nos illustres devanciers, dont nous ne sommes que de piètres rejetons. Nous ne serons jamais des abrutis, telle est notre ambition et nous serons toujours redevables au valeurs de l'Esprit qui nous guide.
11 mai 09
Epicurisme et stoïcisme en perspective épistémologique
Poursuivant la lecture de Lloyd Gerson sur l'épistémologie ancienne, on ne peut manquer de trouver intérêt dans la synthèse donnée de l'épicurisme et du stoïcisme. Ce qui caractérise ces philosophies selon l'auteur est le constat du fait que l'erreur substantielle à propos de la nature de la réalité est la cause du malheur de l'homme. Epicure, dans une perspective aristotélicienne, reprend à son compte les aspects psychologiques consécutifs à une croyance sincère en ce qui est vrai (true belief) comme source de tranquillité d'esprit. A contrario, la sagesse qui résulte du bonheur de l'esprit serein, ne peut avoir pour fondement la fausseté. L'idée de prise de conscience est présente dans la psychologie effective du "true belief" caractérisé par la "bebaiotes" (firmness) et "l'energeia" pour "clarity". Nous sommes confrontés ici à de sérieuses difficultés terminologiques autour des interprétations anglaises et françaises des textes originaux. La notion de "tepid conviction" n'est peut-être pas l'expression du doute sceptique, mais plus l'instabilité du "true belief" qui oscille entre le "knowing" et le "believing". Selon Epicure, visité par L. Gerson, la supériorité du "knowing" sur le "believing" tient à la transformation de l'esprit par la connaissance. "A true belief of which one has sufficient conviction for this belief to put one's soul in a state of tranquility" est ce qui fonde le "knowing". Etonnante affirmation qui remet en cause tout ce qui précède dans la pensée platonicienne et aristotélicienne. Les choses se compliquent singulièrement lorsque l'on se réfère au refus épicurien des "sense data", dans l'hypostase d'une conception primaire d'éléments agrégés d'attributs sensoriels en relation permanente, source de critère d'une sorte de commencement de vérité empirique. Celle-ci est ensuite redoublée par une affirmation réflexive du "knower" (distinct du "believer", sans doute trop émotif...) "the awareness of a sense-perception confirm the truth of sense perceptions" différentes des apparences. Une "tepid conviction" devient dans ce contexte la résultante du réalisme relatif aux événements mentaux (folie, rêves, et autres fantasmes imaginaires avant l'heure) ; elle impliquerait donc un renouvellement des règles de raisonnement dans leur rapport avec des objets sensoriels erronnés mais cependant réels. Nos freudiens contemporains trouveront dans Epicure l'origine "idéal-typique" de leur science de l'inconscient dans l'antiquité. Nous sommes sur la voie du scepticisme, et dans cette perspective, les dieux n'ont que faire des mortels puisqu'ils vivent ce à quoi ces derniers aspirent, à une "blissfull life" (une vie de bienheureux, ce que certains désignent, allongés sur les plages par le paradis terrestre, et d'autres, affichés sur les terrains de golfs, par l'âge d'or). Bref de ce qui est réservé sur terre de nos jours aux "stars people", autant d'avatars épicuriens d'une société post-industrielle, dont l'envers du décor est le stoïcisme de véritables héros. A suivre, donc ce panorama anglais qui nous convoque à une relecture des textes originaux.
02 mai 09
Thinking as a pure potency of actualisation
"The basic distinction here is between (1) the intellect becoming or acquiring an intelligible form and (2) a further actualisation of the intellect. It is this actualisation that enables the intellect to thing itself. It is this latter distinction that that constitutes thinking in the primary, definitional sense. The distinction between (1) et (2) is, we may recall, exactly the distinction Plato makes in Thaetetus between possessing and having knowledge." (p. 79 in Ancient Epistemology).
Now we understand what is the correct meaning of possessing and having knowledge, the fact, say, to be represented in a new account of a putative sentence (the first distinction doesn't match in a second intellectual framework, so in this case a sentence is always putative in a cognitive matter). But if we want to go on till now, the question then is why giving a new account of an antecedent propositional issue ? Is it only an improvement or simply a new face of substitutive satisfactions ?
Thinking is of course a pure potency of actualisation of something which has yet been thought. But nobody knows how and what. It is so always a recall. Martin Heidegger was one of the nowadays philosophers who had the insight of that in this times where everything appeal to think, we don't think yet. Because we never know when we think or believe what we know is truer than it was before.