La logique

est-elle un art de penser scientifique ?

30 nov. 08

La logique ou l'art de penser (première partie : des idées selon leur nature et leur origine) I

La logique est l'art de bien conduire la raison dans la connaissance des choses tant pour s'en instruire soi-même que pour en instruire les autres. Cet art consiste dans des réflexions que les hommes ont faites sur les quatre principales opérations de leur esprit : concevoir, juger, raisonner et ordonner. Concevoir est la simple vue que nous avons des choses qui se présentent à notre esprit comme des représentations de choses, les idées (pensée, être et forme de représentation). Juger est une action de l'esprit joignant les idées (par exemple : la terre est ronde). Ordonner est une disposition propre à mieux connaître un sujet de diverses idées, jugements et raisonnement (par exemple : si la vertu est divine, les païens ne sont pas vertueux). Concevoir est effectuer une réflexion sur les idées qui sont analysées selon leur nature et leur origine, la différence principale des objets qu'elles représentent, leur simplicité ou composition, leur étendue ou restriction. La différence entre l'imagination et l'intellection peut ainsi s'observer dans une figure géométrique conçue abstraitement par opposition à une figure imaginée. Par exemple, le oui et le non, ou encore un mot de quatre lettres tel que "dieu". Cette différence est-elle vérifiable dans le corps et dans l'esprit ? La trace mnésique des associations de mots est la conséquence d'une association en soi arbitraire de signes et de sons. Quel est le rapport avec les perceptions sensorielles ? Penser que toute idée tire son origine des sens est absurde car ce n'est pas la sensorialité qui définit l'idée mais la pensée (par exemple, Dieu n'est pas un vénérable vieillard, et le Saint-Esprit n'est pas un pigeon).

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27 nov. 08

La logique ou l'art de penser (introduction)

Antoine Arnault et Pierre Nicole publièrent "La logique ou l'art de penser" en 1662. Le titre de leur logique a inspiré l'interrogation de ce weblog ? Il est bon de rappeler in extenso certains extraits de cet ouvrage, toujours agréable à retrouver. Les numéros de page indiqués renvoient à l'édition originale qu'il est possible de télécharger sur le site Gallica Bnf. La critique est aisée, mais l'art est difficile, pourrions-nous donner comme unique commentaire.

" Non seulement les sciences ont des recoins et des enfoncements fort peu utiles mais elles sont toutes inutiles si on les considère en elles-mêmes et pour elles-mêmes. Les hommes ne sont pas nés pour mesurer les lignes, examiner les rapports des angles, considérer les divers mouvements de la matière. Leur esprit est toujours trop grand, leur vie est trop courte, leur temps trop précieux pour l'occuper à de si petits objets" (7) Il n'y a point d'absurdité si insupportable qui ne trouve des approbateurs. Quiconque a dessein de tromper le monde est assuré de trouver des personnes qui sont bien aises d'être trompées et les plus ridicules sottises rencontreront toujours des esprits auxquelles elles sont proportionnées (8). Le sens commun n'est pas une qualité si commune que l'on ne pense. Il y a une infinité d'esprits grossiers et stupides que l'on ne peut réformer en leur donnant l'intelligence de la vérité mais en les tenant dans des choses qui sont à leur portée, et en les empêchant de juger ce qu'ils ne sont pas capables de connaître. Une grande partie des faux jugements des hommes est causé par la précipitation de l'esprit et le défaut d'attention qui fait que l'on juge témérairement de ce que l'on ne connait que confusément et obscurément. Le peu d'amour que les hommes ont de la vérité fait qu'ils ne se mettent pas en peine la plupart du temps de distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux. Ils laissent entrer dans leur âme toutes sortes de discours ou de maximes. Ils aiment mieux les supposer pour véritables que les examiner. S'ils ne les (comprennent) pas, ils veulent croire que d'autres les (comprennent) bien, et ainsi ils se remplissent la mémoire d'une infinité de choses fausses, obscures et incompréhensibles (11). D'autres au contraire s'imaginent qu'il n'y a rien de certain; ils se déchargent ainsi de la peine d'examiner toute chose. Une vraie raison place toute chose dans le rang qui lui convient; elle fait douter de celles qui sont douteuses, rejeter celles qui sont fausses et reconnaître de bonne foi celles qui sont évidentes (12). Mais parce que l'esprit se laisse abuser quelques fois par de fausses erreurs lorsqu'il n'y a pas l'attention nécessaire, et qu'il y a bien des choses que l'on ne connait que par un long et difficile examen ; il est certain qu'il serait utile d'avoir des règles pour s'y conduire de telle sorte que la recherche de la vérité en fût plus facile et plus sûre ; et les règles sans doute ne sont pas impossibles. Après avoir mal raisonné les hommes sont capables de reconnaître leur faute, ils peuvent remarquer en faisant des réflexions sur leur pensée quelle méthode ils ont suivie lorsqu'ils ont bien raisonné et quelle a été la source de leur erreur lorsqu'ils se sont trompés (15). C'est ce que les philosophes entreprennent dans cette partie qu'ils destinent à cet effet et qu'ils appellent logique, une lumière capable de dissiper toutes les lumières de notre esprit (16). Il semble que les philosophes ordinaires ne se soient guère appliqués qu'à donner des règles de bons et de mauvais raisonnements. Les règles ne sont pas inutiles mais on ne doit pas laisser croire que cette utilité s'étende bien loin. Mais la logique a pour mérite cependant de ne pas s'attarder aux seules propositions en vertu de leur éloquence (20). On  abuse quelquefois beaucoup de ce reproche de pédanterie et souvent on y tombe en l'attribuant aux autres. La pédanterie est un vice de l'esprit et non de profession et il y a des pédants de toute robe, de toutes conditions et de tous les états (22)  La capacité de l'esprit s'étend et se resserre par l'accoutumance et c'est à quoi servent principalement les mathématiques, et toutes choses difficiles d'une manière générale, commes celles dont nous parlons (20). On n'a pas cru devoir s'arrêter au dégoût de certaines personnes qui ont en horreur certains termes artificiels qu'on a formés pour retenir plus facilement les diverses manières de raisonner, et qui les raillent par le qualificatif de pédanterie, et souvent on y tombe en l'attribuant aux autres. Pour rejeter une chose, encore faut-il l'avoir examinée. Il est raisonnable d'acheter par la peine d'apprendre ces questions le droit de les mépriser (25)

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22 nov. 08

S'il te plait, dessine-moi la logique

Un jeune adolescent (que je soupçonne d'avoir posté un commentaire espiègle sur ce blog)  annonçait récemment qu'il voulait être ingénieur. Il lui faudra sans doute beaucoup de courage, et de persévérance, mais il semble bon en calcul, alors pourquoi pas ? Peut-être sera-t-il docteur ou comptable ou encore employé dans une fonction qui n'a pas encore été imaginée ? Lorsque j'avais son âge, je n'avais pas prévu qu'un jour je pourrais connecter un jour l'amplificateur de la chaîne Hi-Fi d'étudiant sur www.deezer.com pour y voir et écouter des vidéos des Popstars. Il est certain que les formes logiques qui attendent la génération de mon petit-fils seront probablement à forte densité technologique, et que mon savoir livresque et classique y aura un parfum de désuétude. Je suis certain pourtant qu'on ne manquera pas de faire référence à Platon, Socrate, Phède et Alcibiade, dans des éditions indexées où les lecteurs "navigueront" à vue, probablement sans trop se préoccuper, comme les générations qui nous devancèrent, d'apprendre "par coeur" des lignes entières. Dessiner de la logique, c'est la mettre en forme dans des circuits et des portes, autrement dit des transistors. Il lui faudra dessiner peut-être des extensions de multiplexeurs en largeur et en hauteur, mettre en place des relations d'équivalence de mots en bits, des relations d'ordre, incrémenter, décrémenter, travailler sur des bancs de registres, des caches, etc. dans des réseaux réels. En logique, il y a bien sûr "le château de ma mère" et "la gloire de mon père", mais pas seulement.

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21 nov. 08

La logique du réseau

La logique du réseau est complexe. Le terme de réseau concerne autant des réalités technologiques que des relations sociales. Prendre le temps d'activer son réseau est autant prendre le temps d'effectuer un réglage de modalités de fonctionnement pratiques de machines que contacter des personnes qui sont plus des copains que des amis (au sens de Montaigne et de La Boétie).

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19 nov. 08

Etonnement devant les techniques logiques

Depuis longtemps, je me dis qu'il serait bien que je mette un terme à ces divagations bloggantes. Sans doute suis-je encore sous l'influence des modes d'expression traditionnelle, centrée sur le livre et sur l'axiomatique bien construite. On sait que Spinoza aimait, à ses heures de loisirs, contempler des araignées en train de filer leur toile et leur victime s'y débattre. L'auteur de l'éthique, polisseur de lentilles de métier, semblait bien plus ordonné que Blaise Pascal qui inventa l'une des premières machines à calculer. Le système web log est effectivement plus proche de la méthode de Pascal que de l'axiomatique de Spinoza. L'enfermement de la pensée dans le web log est plus labile qu'un système hiérachisé et axiomatisé. A propos de l'axiomatique, lire notamment l'ouvrage de Blanché. Peut-être même à conseiller en priorité. Le schéma est simple mais d'une clarté limpide qui manque terriblement chez nos chers sophistes disciples de Montague. On ne va pas épiloguer d'avantage sur Montague et sur les logiciens américains, nous éviterons les préjugés culturels. La logique est fondamentalement "free culture", sous réserve évidemment d'esprit (ou d'intelligence) et d'éducation. L'intelligence et l'éducation sont en dernier ressort les ultimes valeurs sur lesquelles les grandes réalisations spirituelles peuvent fonctionner, aussi bien les plus concrètes que les plus abstraites. Qu'il s'agisse de l'opéra, du champagne ou de la logique, pour réprendre l'analogie de Jonathan Barnes. Le système Web Log est interactif. La création tient compte des réactions des lecteurs inconnus. Nul ne sait exactement d'où proviennent les itinéraires des messages les plus visités. Les coïncidences et les hasards y affleurent dans un ensemble sous-jacent de probabilité ou de je ne sais quoi d'étonnant. Spinoza demeure un auteur mythique pour le logicien contemporain, en dépit de sa pauvreté, il eut une réelle influence intellectuelle à son époque, et il pouvait par son métier de polisseur de lentilles (en quelque sorte d'opticien) être indépendant financièrement et théoriquement.

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16 nov. 08

La logique n'est pas le bonheur

Challans_6Bien au contraire, peut-on dire. Les biographes se sont souvent régalés des fins de vie des grands mathématiciens. Il n'est pas certain que le label de philosophie logique apporte un plus de sagesse et de bonheur corrélatif à ses adeptes. Lorsque la vérité essentielle est en cause, celle de la raison, il en résulte un risque considérable qui est en partie double : d'abord celui de s'écarter des satisfactions du plus grand nombre, ensuite de perdre conscience de l'importance des réalités matérielles de l'existence. Certes, dans l'approche pragmatique, le logicien trouvera une contrepartie aux bonheurs transcendantaux, et la coupure entre la dimension spirituelle et l'ophélimité des satisfactions ordinaires sera moins manifeste. L'analyse objective des faits de langage, le propre de l'analyse pragmatique, cf par exemple, Le mot et la chose de W. O. Quine, ne rend pas nécessairement heureux. Mais l'ingéniosité de l'analyse conventionnelle de l'embrigagement linguistique par cet auteur (voir par exemple le commentaire de la signification du mot inusité  Gavagai ) se heurte à la réalité de la subjectivité problématique. En dernière analyse, la réduction sémantique n'est pas théorique, elle est fonction de l'interprétation subjective de la théorie de l'évidence. Il est inutile d'opposer le subjectivisme cartésien d'un Husserl dans ses méditations et le pragmatisme quasi-scientifique ; ce sont deux perspectives différentes mais complémentaires (à mon sens).

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14 nov. 08

La logique des profondeurs

A force de profondeur, serions-nous condamnés à être plus bas que bas ? On dit d'untel qu'il a l'esprit profond, qu'il est capable de découvrir les logiques sous-jacentes des hypothèses implicites. Sauf que ces aptitudes sont bien peu recommandables pour s'intégrer dans le monde contemporain. La logique marchande dicte sa loi de pensée unique, et il est impossible de se situer en dehors de l'unidimensionnalité sans risque, si l'on veut survivre. La logique qui sous-tend la pensée capitaliste n'est pas seulement la logique du profit, c'est avant tout une logique de la performance. Les détracteurs du système, le plus souvent marxistes, ont beau jeu de le remettre en cause en pointant les dérives. La théorie de la baisse tendantielle du taux de profit imaginée par Marx comme étant le point de non retour absolu de la critique du capitalisme n'a jamais démontré sa pertinence, et la preuve en est que les profits n'ont cessé de croître par les économies d'échelle résultant de la mondialisation. Idem de la théorie du sur-travail, exigé pour obtenir la rente capitalistique. Il faut lire Jonh Rawls pour comprendre que l'augmentation de la richesse moyenne est toujours bénéficiaire pour le plus pauvre et le plus grand nombre. On est tenté de voir là une sage évidence, mais cette évidence est trop visible pour qu'elle soit partagée, comme le sont les évidences, relativement aux préjugés. Bien sûr, on apprécie les remises en cause, et l'on déplore la facilité de pensée de nos dirigeants. L'écueil de la remise en cause est dans le fait que les places à l'Ecole Normale Supérieure ne sont pas nombreuses, et que tout le monde ne peut réussir à de venir professeur de faculté. Dépouillés par la critique du système, désolé par l'indigence culturelle des managers, nous voilà condamnés à la désespérance des électrons libres, lucides devant la fracture sociale fondamentale qui sépare deux mondes qui s'ignorent superbement, et nous rejettent l'un à l'autre dans la profondeur de leur antagonisme.

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12 nov. 08

Bibliographie (04)

challans_8Chaque livre d'une bibliothèque personnelle a son histoire. Perdre sa bibliothèque, c'est perdre son histoire. En logique, la lecture rend humble, d'une humilité plus ou moins consentie, et qui n'est point de la bassesse. Voici quelques références sans commentaires, un peu hasardeuses, qui complètent les précédentes, et qui donnent aux pensées personnelles une certaine gravité. Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus; Robert Blanché, L'axiomatique; Edmund Husserl, Recherches logiques; Jacques Dubucs et François Lepage, Méthodes logiques pour les sciences cognitives ; Michael Dummet, Philosophie de la Logique; Jean Largeault, Intuitionisme et théorie de la démonstration; Frédéric Nef, La logique du langage naturel; Arnold Kaufmann, Les logiques humaines et artificielles; Alfred Ayer, Language, truth et logic; Patrice Bailhache, Introduction la logique déontique. Cette liste est aléatoire et n'a pas de valeur prescriptive, elle n'épuise aucune curiosité particulière, tant le savoir logique est vaste et procède de problématiques diverses. L'approche historique de la logique mériterait de longs développement, de même que la théorie des limites, par exemple, la logique du droit, des mathématiques, etc.

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10 nov. 08

L'idéographie de Frege (biblio 03)

Bien étonnant chef d'oeuvre, qui nous conduit à Halle (capitale chimique de l'ex-allemagne de l'Est). Rien à voir avec la Fnac des Halles de Paris d'où l'édition de l'ouvrage provient (humour). Les maîtres en logique révèrent cette oeuvre, qui ne fut traduite pourtant en Français par Jonathan Barnes et Corinne Besson de l'Université de Genève qu'en 1999 afin d'être éditée par Vrin. La langue logique de G. Frege est présentée dans son intégralité ; elle ne manque pas de surprendre par ses bifurcations qui viennent s'adjoindre par un tracé sous-jacent exprimant la conditionnalité pure graphiquement. "Le trait vertical qui relie les deux traits horizontaux s'appelle trait de condition. La partie du trait supérieur qui se trouve à gauche du trait de condition est le trait de contenu pour la signification expliquée de la combinaison des signes." A est affirmé là où B est affirmé (à moins qu'il ne soit objet d'une négation antérieure par une autre bifurcation C. Il s'ensuit toutes les règles de la pensée pure, qu'il n'est pas possible d'expliciter autrement que par la référence au dessin.

Les commentaires publiés par le traducteur mérite, il me semble, autant d'intérêt que le texte de cette oeuvre presque sacralisée. Notamment cet extrait " selon une bonne tradition française, la logique s'identifie à l'art de penser ; le logicien veut élaborer un art ou un système qui servira à codifier la pensée. Une partie de ces systèmes, la seule qui nous intéresse ici, s'occupe des inférences. Tout comme le grammairien s'occupe du langage et veut élaborer un système des règles linguistiques (...) le logicien vise à comprendre toute inférence logique et à la situer dans un cadre bien ordonné. Une inférence selon Frege, est un ensemble de jugements dont l'un est la conclusion et l'autre, ou les autres, sont les prémisses. Par exemple : {P1, P2, ..., Pn ; donc C }. Or le nombre des inférences est indescriptible, car le nombre des inférences possibles est infini. Et de plus comme le souligne Frege, le "donc" peut signaler des liens inférentiels de types différents"... (Grandeur du commentaire, et petitesse de la critique, serions-nous tentés de penser).

Pour obtenir l'ouvrage chez Vrin voir http://www.vrin.fr  (que l'on peut consulter librement sans y être bloqué, Vrin a fait des progrès).

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09 nov. 08

La logique du pire (biblio 02)

(Histoire d'un livre). Lecture récente. La logique du pire, à ne pas confondre avec la logique pure (amusant) estChallans_6  un ouvrage du philosophe Clément Rosset publié en 1971. Le sous-titre décrit plus exactement que le titre le contenu de l'ouvrage : éléments pour une philosophie tragique. Ce qui frappe dans ce livre est le décalage entre le titre et le contenu. Pour le logicien lambda, cette logique ne peut que susciter une certaine perplexité, car il n'est pas question de logique dans le livre mais de tragique. Devrait-on porter plainte pour faux/t et usage de faux/t ? Pas nécessairement; les problématiques présentées dans l'ouvrage méritent d'être rappelées. Clément Rosser rappelle au logicien formaliste la réalité de désillusion de l'idéal de pureté. Bien que nous fassion tout pour que l'on garde de nous le meilleur souvenir de l'idéal, la réalité est bien différente, elle est tout simplement catastrophique. Comprendre le tragique n'intéressera pas le logicien standard, voire même le non-standard formaliste. Ce ne sera que l'horizon de l'échec. Pour Rosset, le tragique est l'essence même de la Nécessité, vécue comme l'essence de toute pensée. Les références de Rosset mettent en cause le caractère désastreux de toute pensée, d'Epicure à Pascal, avant d'évoquer Bergson. "Lucrèce et Pascal ne sont pas de véritables philosophes". Expulsés du cénacle des philosophes, de même que Kierkegaard, ils leur fut reprochés non de ne pas être des philosophes mais d'être des philosophes tragiques, autrement dit des pessimistes, voire des terroristes.

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